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Deux volumes, in-4°, 1772-1774, plein veau reliure d'époque, dos à cinq nerfs, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, dos ornés, tranches rouges, contenant les pièces suivantes : Premier volume : 1./ Mémoire pour demoiselle Geneviève Gaillard, femme séparée quant aux biens du sieur Nicolas Romain, officier invalide, fille et héritière légitimaire de Marie-Anne Regnaut, veuve du sieur Marie-François Véron, banquier; et le sieur François Liégeard Dujonquay, docteur ès loix, petit-fils de ladite Dame Véron, et son légataire universel, ayant repris en cette qualité les plaintes et accusations intentées à la requête de ladite Dame Véron. Contre le Comte de Morangiès, Maréchal de Camp, 117 p., Me Vermeil, Avocat, Paris, 1772, P.G. Simon, Imprimeur du Parlement. 2./ Plaidoyer pour le Comte de Morangiès, Paris, Louis Cellot, 1772, Me Linguet, Avocat, 104 p. 3./ Réplique pour le Comte de Morangiès, L. Cellot, 1772, Me Linguet, Avocat, 39 p. 4./ Réponse à l'imprimé du Comte de Morangiès, Paris, P.G. Simon, 1772, Me de la Croix, Avocat, 30 p. 5./ Réponse à un imprimé qui a pour titre : réplique pour le Comte de Morangiès, & est signé, Me Linguet, Avocat. Pour Me Jean-Claude de la Ville, Avocat au Parlement, en son nom, inculpé. Contre le sieur Jean-François-Charles Molette, de Morangiès, Maréchal ès Camps & Armées du roi, inculpant. En présence de Dlle Geneviève Gaillard..., du Sieur François Liegeard Dujonquay..., de Pierre Gilbert, ci-devant Cocher du sieur de Mailly, suivie de pièces justificatives, imprimerie de Grange, 1772, Me de la Ville, Avocat, 32 p. 6./ Mémoire pour Pierre Gilbert, appelant & demandeur : Contre le Comte de Morangiès, intimé et défendeur. Paris, P.G. Simon, 1772, Me Courtin, 25 p. 7./ Observations pour le Comte de Morangiès, imprimerie de Quillau, imprimeur de Mgrs les Princes de Conti et Comte de la Marche, 1773, Me Linguet Avocat, 62 p. 7./ Supplément aux observations pour le Comte de Morangiès, L. Cellot, 1773, Me Linguet, Avocat, 82 p. 8./ Preuves résultantes du procès, pour la dame Romain & le Sieur Dujonquay son fils. Contre le Comte de Morangiès, Maréchal de Camp, le sieur Dupuis, inspecteur de police, le sieur Desbrugnières, son adjoint, Paris, P.G. Simon, 1773, Me Vermeil, Avocat, 83 p. 9./ Examen abrégé d'un nouvel écrit publié contre le Comte de Morangiès, intitulé : preuves résultantes du procès, pour la Dame Romain & le sieur Dujonquay, Louis Cellot, 1773, Me Linguet, Avocat, 31 p. 10./ Arrest de la Cour de Parlement, extrait des registres du Parlement, du 2 juillet 1773, Paris, P.G. Simon, 1773, Vandive, 3 p. 11./Arrêt du Parlement rendu la Grand'Chambre Assemblée : qui décharge le Comte de Morangiès de toutes les plaintes & accusations contre lui intentées, avec dommages-intérêts & dépens. Bannit pour trois ans le nommé Liégeard Dujonquay de la ville, Prévôté & Vicomté de Paris. Ordonne que la nommée Geneviève Gaillard, femme Romain, sera admonestée. Ordonne à l'égard du nommé Gilbert, qu'il en sera plus amplement informé pendant six mois, pendant lequel tems il gardera prison. Ordonne la supression des mémoires signés Falconnet...,3 septembre 1773, L. Cellot, 36 p. et une page d'errata. 12./ Requête présentée au Roi et à nosseigneurs de son conseil, par Geneviève-Françoise Gaillard...et François Liégeard Dujonquay...en cassation d'un arrêt du Parlement de Paris, rendu le 3 septembre 1773, Paris, Pierre-Guillaume Simon, 1774, Me Drou, Avocat, 376 p. Le procès Véron-Morangiès a été une des causes les plus célèbres dans la France d'avant la Révolution. L'historienne Sarah Maza dans son analyse de l'impact du mémoire judiciaire sur l'opinion publique (revue des Annales, 1987) le résume ainsi : " Le procès commence à faire du bruit dans la capitale à partir de 1771. L'affaire oppose le comte de Morangiès, membre d'une famille de bonne noblesse militaire, maréchal de camp dans les armées royales, à une famille de roturiers, les Véron. La veuve Véron, sa fille Geneviève Gaillard, et son petit-fils François Liégeard-Dujonquay se désignent comme "banquiers" mais trafiquent plus vraisemblablement dans le demi-monde du courtage et de l'usure. Ils affirment avoir prêté une somme de 300 000 livres au comte, qui est d'ailleurs criblé de dettes. Le comte, pour sa part, nie avoir reçu l'argent, bien qu'ayant signé des billets en accusé de réception. En septembre 1773, le parlement Maupeou tranche en faveur de Morangiès. Entre temps, l'affaire aura mobilisé non seulement des célébrités du monde littéraire et juridique tels que Voltaire et l'avocat Nicolas Linguet, mais aussi de larges secteurs de la population parisienne, pour qui la confrontation entre grand seigneur et famille roturière prend valeur symbolique". Notre recueil est intéressant car il témoigne non seulement d'une affaire dont Voltaire s'emparera et de la tentative d'ériger un public de lecteurs en "tribunal de la nation", mais le mémoire pour demoiselle Véron (1772), tiré à l'époque à trois mille exemplaires, a aussi toutes les qualités d'une oeuvre littéraire, du "drame bourgeois" qui emploie tous les procédés du théatre. Intérieurs frais, solide exemplaire, mais reliure en mauvais état. Ex-libris aux armes comtales de Camille Henri Henrion [seigneur de Buxy, fils de François Henrion de Pressey, Trésorier de France en Bourgogne] gravé par Claude Roy sur chaque contreplat. Rare.

Deux volumes, in-4°, 1772-1774, plein veau reliure d’époque, dos à cinq nerfs, pièces de titre et de tomaison de maroquin rouge, dos ornés, tranches rouges, contenant les pièces suivantes : Premier volume : 1./ Mémoire pour demoiselle Geneviève Gaillard, femme séparée quant aux biens du sieur Nicolas Romain, officier invalide, fille et héritière légitimaire de Marie-Anne Regnaut, veuve du sieur Marie-François Véron, banquier; et le sieur François Liégeard Dujonquay, docteur ès loix, petit-fils de ladite Dame Véron, et son légataire universel, ayant repris en cette qualité les plaintes et accusations intentées à la requête de ladite Dame Véron. Contre le Comte de Morangiès, Maréchal de Camp, 117 p., Me Vermeil, Avocat, Paris, 1772, P.G. Simon, Imprimeur du Parlement. 2./ Plaidoyer pour le Comte de Morangiès, Paris, Louis Cellot, 1772, Me Linguet, Avocat, 104 p. 3./ Réplique pour le Comte de Morangiès, L. Cellot, 1772, Me Linguet, Avocat, 39 p. 4./ Réponse à l’imprimé du Comte de Morangiès, Paris, P.G. Simon, 1772, Me de la Croix, Avocat, 30 p. 5./ Réponse à un imprimé qui a pour titre : réplique pour le Comte de Morangiès, & est signé, Me Linguet, Avocat. Pour Me Jean-Claude de la Ville, Avocat au Parlement, en son nom, inculpé. Contre le sieur Jean-François-Charles Molette, de Morangiès, Maréchal ès Camps & Armées du roi, inculpant. En présence de Dlle Geneviève Gaillard…, du Sieur François Liegeard Dujonquay…, de Pierre Gilbert, ci-devant Cocher du sieur de Mailly, suivie de pièces justificatives, imprimerie de Grange, 1772, Me de la Ville, Avocat, 32 p. 6./ Mémoire pour Pierre Gilbert, appelant & demandeur : Contre le Comte de Morangiès, intimé et défendeur. Paris, P.G. Simon, 1772, Me Courtin, 25 p. 7./ Observations pour le Comte de Morangiès, imprimerie de Quillau, imprimeur de Mgrs les Princes de Conti et Comte de la Marche, 1773, Me Linguet Avocat, 62 p. 7./ Supplément aux observations pour le Comte de Morangiès, L. Cellot, 1773, Me Linguet, Avocat, 82 p. 8./ Preuves résultantes du procès, pour la dame Romain & le Sieur Dujonquay son fils. Contre le Comte de Morangiès, Maréchal de Camp, le sieur Dupuis, inspecteur de police, le sieur Desbrugnières, son adjoint, Paris, P.G. Simon, 1773, Me Vermeil, Avocat, 83 p. 9./ Examen abrégé d’un nouvel écrit publié contre le Comte de Morangiès, intitulé : preuves résultantes du procès, pour la Dame Romain & le sieur Dujonquay, Louis Cellot, 1773, Me Linguet, Avocat, 31 p. 10./ Arrest de la Cour de Parlement, extrait des registres du Parlement, du 2 juillet 1773, Paris, P.G. Simon, 1773, Vandive, 3 p. 11./Arrêt du Parlement rendu la Grand’Chambre Assemblée : qui décharge le Comte de Morangiès de toutes les plaintes & accusations contre lui intentées, avec dommages-intérêts & dépens. Bannit pour trois ans le nommé Liégeard Dujonquay de la ville, Prévôté & Vicomté de Paris. Ordonne que la nommée Geneviève Gaillard, femme Romain, sera admonestée. Ordonne à l’égard du nommé Gilbert, qu’il en sera plus amplement informé pendant six mois, pendant lequel tems il gardera prison. Ordonne la supression des mémoires signés Falconnet…,3 septembre 1773, L. Cellot, 36 p. et une page d’errata. 12./ Requête présentée au Roi et à nosseigneurs de son conseil, par Geneviève-Françoise Gaillard…et François Liégeard Dujonquay…en cassation d’un arrêt du Parlement de Paris, rendu le 3 septembre 1773, Paris, Pierre-Guillaume Simon, 1774, Me Drou, Avocat, 376 p.
Le procès Véron-Morangiès a été une des causes les plus célèbres dans la France d’avant la Révolution. L’historienne Sarah Maza dans son analyse de l’impact du mémoire judiciaire sur l’opinion publique (revue des Annales, 1987) le résume ainsi :  » Le procès commence à faire du bruit dans la capitale à partir de 1771. L’affaire oppose le comte de Morangiès, membre d’une famille de bonne noblesse militaire, maréchal de camp dans les armées royales, à une famille de roturiers, les Véron. La veuve Véron, sa fille Geneviève Gaillard, et son petit-fils François Liégeard-Dujonquay se désignent comme « banquiers » mais trafiquent plus vraisemblablement dans le demi-monde du courtage et de l’usure. Ils affirment avoir prêté une somme de 300 000 livres au comte, qui est d’ailleurs criblé de dettes. Le comte, pour sa part, nie avoir reçu l’argent, bien qu’ayant signé des billets en accusé de réception. En septembre 1773, le parlement Maupeou tranche en faveur de Morangiès. Entre temps, l’affaire aura mobilisé non seulement des célébrités du monde littéraire et juridique tels que Voltaire et l’avocat Nicolas Linguet, mais aussi de larges secteurs de la population parisienne, pour qui la confrontation entre grand seigneur et famille roturière prend valeur symbolique ». Notre recueil est intéressant car il témoigne non seulement d’une affaire dont Voltaire s’emparera et de la tentative d’ériger un public de lecteurs en « tribunal de la nation », mais le mémoire pour demoiselle Véron (1772), tiré à l’époque à trois mille exemplaires, a aussi toutes les qualités d’une oeuvre littéraire, du « drame bourgeois » qui emploie tous les procédés du théatre. Intérieurs frais, solide exemplaire, mais reliure en mauvais état.
Ex-libris aux armes comtales de Camille Henri Henrion [seigneur de Buxy, fils de François Henrion de Pressey, Trésorier de France en Bourgogne] gravé par Claude Roy sur chaque contreplat. Rare.             contact@librairiehistoireetsociete.com  

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