


Célèbre suite de gravures du graveur hollandais Jan Luyken (1749-1712).
Célèbre suite de gravures qui illustrent l’histoire de martyrs depuis la « crucifixion de Jésus » aux « Persécutions en Suisse, 1637« , par ordre chronologique.
Publiées en 1685 pour illustrer le célèbre « Miroir des martyrs » et réputées par leur qualité d’exécution et leur réalisme, elles ont été retirées à plusieurs reprises au début du XVIIIe siècle.
Elles représentent non seulement le martyr de saints (St Jean-Baptiste, St Etienne, St Marc, Antipas, Polycarpe, Blandine,…) mais également les tourments endurés par les Albigeois, les Vaudois, les anabaptistes… et autres victimes de persécutions religieuses.



Conditions.
Luiken, Jan / Luiken, Jean / Luiken, Johann (1649-1712). Schouwtooneel Der Martelaren / Théâtre Des Martyrs / Schau-Buhne Der Martyrer. M. Schagen, 1738.
Album oblong (24,5 x 20), reliure demi-basane à petits coins du XIXe siècle, dos orné de caissons à froid et de filets dorés, pièce de titre de cuir rouge, titre doré, plats marbrés, garde blanche, page de titre gravée, en néerlandais, français et allemand, dans un cadre illustré d’instruments de torture, suivie de 101 gravures (15 x 12) en tailles douces par le grand graveur du siècle d’or hollandais Jan Luiken. (manquent les gravures 12, 27, 86).
Les gravures sont numérotées et légendées en français et en allemand avec l’indication de la date du martyr (sauf les gravures 41, 42, 43, 45).
Usures à la reliure mais reliure correcte, ancienne étiquette de librairie collée sur le premier contre plat, petite déchirure à la pliure de la page de titre, papier jauni ou rousseurs aux bords des marges blanches des gravures, petite réparation ancienne dans la marge blanche droite de la gravure 35, gravures en bon état.
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Huysmans, Des Esseintes et les gravures de Jan Luyken.
Des Esseintes dans « A rebours » de Huysmans (chap. V) possède une collection de gravures de Jan Luyken et en avait tapissé son boudoir…
« Il avait fait tapisser de rouge vif le boudoir, et sur toutes les cloisons de la pièce, accrocher dans des bordures d’ébène des estampes de Jan Luyken, un vieux graveur de Hollande, presque inconnu en France.
Il possédait de cet artiste fantasque et lugubre, véhément et farouche, la série de ses Persécutions religieuses, d’épouvantables planches contenant tous les supplices que la folie des religions a inventés, des planches où hurlait le spectacle des souffrances humaines, des corps rissolés sur des brasiers, des crânes décalottés avec des sabres, trépanés avec des clous, entaillés avec des scies, des intestins dévidés du ventre et enroulés sur des bobines, des ongles lentement arrachés avec des tenailles, des prunelles crevées, des paupières retournées avec des pointes, des membres disloqués, cassés avec soin, des os mis à nu, longuement râclés avec des lames.
Ces oeuvres pleines d’abominables imaginations, puant le brûlé, suant le sang, remplies de cris d’horreur et d’anathèmes, donnaient la chair de poule à des Esseintes qu’elles retenaient suffoqué dans ce cabinet rouge.
Mais, en sus des frissons qu’elles apportaient, en sus aussi du terrible talent de cet homme, de l’extraordinaire vie qui animait ses personnages, l’on découvrait chez ses étonnants pullulements de foule, chez ses flots de peuple enlevés avec une dextérité de pointe rappelant celle de Callot, mais avec une puissance que n’eut jamais cet amusant gribouilleur, des reconstitutions curieuses de milieux et d’époques; l’architecture, les costumes, les mœurs au temps des Macchabées, à Rome, sous les persécutions des chrétiens, en Espagne, sous le règne de l’inquisition, en France, au moyen âge et à l’époque des Saint-Barthélemy et des Dragonnades, étaient observés avec un soin méticuleux, notés avec une science extrême.
Ces estampes étaient des mines à renseignements: on pouvait les contempler sans se lasser, pendant des heures; profondément suggestives en réflexions, elles aidaient souvent des Esseintes à tuer les journées rebelles aux livres.
La vie de Luyken était pour lui un attrait de plus; elle expliquait d’ailleurs l’hallucination de son œuvre. Calviniste fervent, sectaire endurci, affolé de cantiques et de prières, il composait des poésies religieuses qu’il illustrait, paraphrasait en vers les psaumes, s’abîmait dans la lecture de la Bible d’où il sortait, extasié, hagard, le cerveau hanté par des sujets sanglants, la bouche tordue par les malédictions de la Réforme, par ses chants de terreur et de colère. »



