


Fontenelle et les « tourbillons cartésiens ».
Fontenelle a 95 ans lorsqu’il commet sa « Théorie des tourbillons cartésiens. »
Il apparait en 1752 comme un des derniers défenseurs de la thèse que Descartes avait exposée près d’un siècle plus tôt dans « Les principes de la philosophie« , parus en 1644-1647, à savoir que « la matière du ciel est liquide » et que « Les planètes tournent sans cesse en rond ainsi qu’un tourbillon qui aurait le soleil en son centre« .
Fontenelle avait participé dès 1686 – il a alors 29 ans – à la diffusion du cartésianisme. Le frontispice de ses « Entretiens sur la pluralité des mondes » présentait un système solaire environné de multiples tourbillons.
Or au même moment (1687) paraissaient à Londres les « Principia » de Newton (1643-1727) qui démontraient de manière rigoureuse l’attractivité universelle des corps et l’incompatibilité de la théorie des tourbillons avec les lois de Kepler.
Dans les années 1720-1740, le cartésianisme fait toujours la loi en France, malgré la lente diffusion des théories de Newton, à laquelle participa Voltaire par ses « Eléments de la philosophie de Neuton » parus en 1738. Pour mémoire la première traduction française à partir du texte latin des « Principia » par Emilie du Chatelet date de 1759.
Fontenelle en 1752, sous couverture de l’anonymat, descend à nouveau dans l’arène, qui oppose à l’époque « cartésiens » et « newtoniens », « impulsionnistes » et « attractionnistes. » Le petit volume se présente comme une ultime synthèse. Son angle d’attaque, en s’appuyant sur Kepler et la force centrifuge de Huguens [Huygens], est contenu en fait dans la deuxième partie du titre « avec des réflexions sur l’attractivité », qui occupent le dernier chapitre (p. 185). Newton a expliqué les phénomènes célestes par la force de la gravitation, mais il est accusé (cf. la préface de l’éditeur écrite par un des proches de Fontenelle, Camille Falconet) de revenir aux « qualités occultes » de la scholastique pour expliquer la cause de cette gravitation.
Condition.
- Fontenelle, Bernard Le Bovier de] (1657-1757). Théorie des tourbillons cartésiens ; avec des Réflexions sur l’attraction. Paris: Chez Hippolyte-Louis Guérin, 1752.
- 10 x 16,5. In-12,
- reliure plein veau raciné de l’époque, dos à cinq nerfs orné de cinq grenades dorées encadrées de filets dorés, pièce de titre de maroquin lavallière, titre doré, tranches rouges, roulette dorée sur les coupes, XXXI-[1]-215-[5] pp.
- Edition originale.
- Coiffe supérieure abimée, coins légèrement émoussés, intérieur frais, bon exemplaire. Peu fréquent.
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