D’Ohsson – « Tableau Général De l’Empire Othoman », dédié Au Roi De Suède – 3 Volumes Complets, 1787-1820. L’édition originale, exceptionnelle par ses sources et par ses gravures.

D'Ohsson Tableau Empire Othoman : Ignace Mouradgea d'Ohsson Tableau Empire Ottoman 3 volumes

Ignace Mouradgea d’Ohsson (1740-1807), ambassadeur de Suède à Istanbul.

D’Ohsson (Istanbul, 1740 – Bièvres, 1807) a bénéficié d’une double origine, arménienne catholique par son père, interprète au consulat suédois à Smyrne et d’une famille française du côté maternel.

Grâce à son père, il entre dans la carrière et devint responsable de la mission suédoise à Istanbul de 1763 à 1784.
Il fut muté à Paris de 1784 à 1791, puis à Vienne de 1791-1792.
Il retourna alors à Istanbul comme ambassadeur de Suède auprès de la Porte Ottomane jusqu’en 1799 et se retira en France.

Diplomate de premier rang, il fut l’artisan du traité de paix et de commerce de 1782 avec l’Espagne.
C’est lui également qui négocia la reconnaissance de la République française par la Sublime Porte.
Il fut un conseiller écouté du Sultan réformateur, Sélim III (1761-1808) (Swedish Bibliographical Dictionary).

D'Ohsson La Mecque

Une des meilleures sources, encore aujourd’hui, de l’histoire sociale de l’Empire Ottoman.

La parution en France de l’ouvrage en 1787, magnifiquement illustré par des artistes français, est à resituer dans la volonté de la Sublime Porte de se rapprocher des puissances continentales suite à sa défaite face à la Russie (1774).
Le « Tableau » de d’Ohsson peut être lu comme une défense d’un Islam « éclairé » et d’un système de gouvernement, qui faisait débat en Europe à la fin du XVIIIe siècle.

Dans son discours préliminaire, d’Ohsson justifie la nécessité de faire connaître « la nation othomane par ses dogmes, son culte, ses mœurs, son administration publique et principalement par ce fameux code universel qui, rédigé par Ibrahim-Haléby, et consacré sous le nom de « Multeka », forme la législation religieuse de ce vaste Empire et de tous les peuples musulmans. »

D’Ohsson eut l’immense avantage de parler le turc, l’arabe ainsi que les langues européennes et d’avoir accès aux meilleures sources et aux hommes en place.
Les deux premiers volumes traitent du Code religieux, articulé autour de trois parties, dogmatique, rituelle, morale. Le troisième volume, publié trente ans après les deux premiers par son fils Abraham Constantin d’Ohsson, aborde d’une part les Codes politique, militaire, civil judiciaire et pénal, et d’autre part l’Etat de l’Empire Othoman (du Palais, du Grand-Vézir et de son département, des emplois annuels, du Divan, des Finances, des Provinces, de l’état militaire, de la Marine).

La qualité documentaire des gravures contribua également à la réputation de l’ouvrage. Le travail de Louis-Nicolas de L’Espinasse pour La « Vue de la Mecque » (gravure en double page n°53, t. II) ou pour « Dîner et audience d’un ministre européen » (gravures en double page n° 232 et 233, t. III), inspiré du peintre de cour Konstantin Kapidagli, en montre la qualité.

« Le « Tableau reste encore de nos jours l’une des meilleures sources sur l’histoire sociale de l’Empire Ottoman » (Frédéric Hitzel, in Dictionnaire des orientalistes de langue française, François Pouillon, 2008).

D'Ohsson Audience d'un ministre européen

Un ouvrage exceptionnel par son illustration.

L’ensemble comprend 231 figures gravées sur cuivre et numérotées, sur 233 annoncées, sachant que la planche 168 n’existe pas, l’état des planches ne mentionnant que les pl. 167 et 169. Aux 231 gravures, il faut ajouter les 3 pl. du Tome I (Arbre généalogique, Calendrier, Caractères arabes), le Tableau synoptique des divers ordres de successions en double page et le Tableau des Provinces ottomanes dans le tome III. Les figures sont composées de nombreuses planches hors-texte en pleine et en double page, ou de pages comprenant plusieurs figures. Elles sont l’œuvre de graveurs réputés de l’époque (Tilliard, Simonet, de Longueil, Le Barbier, Lespinasse, Née, Varin, Henriquez, Fessard…), d’après notamment Charles-Nicolas Cochin fils, Hilaire ou Jean-Michel Moreau le Jeune.

Tome I : faux titre, frontispice dessiné par J.M. Moreau le Jeune et gravé par J.B. Simonet, page de titre (Imprimerie de Monsieur, 1787), dédicace au roi de Suède surmontée de ses armoiries gravées, discours préliminaire (X pp.), errata/avertissement, 324-[4] pp. (l’état des planches et l’approbation et privilège], 40 planches gravées numérotées, auxquelles s’ajoutent 3 pl., numérotées A/AA (Arbre généalogique des Coureyschs, double page), B (Calendrier perpétuel de Darendewy, dépliant), C (Caractères arabes). La rare pl. 19 (intérieur de Sainte-Sophie) est bien présente).

Tome II : Faux titre, titre (Imprimerie de Monsieur, 1790), table et état des planches, VIII-357-[1] pp., table des matières contenues dans les deux premiers volumes, 96 planches numérotées de 41 à 137. (La planche 93 « La romeca – danse des femmes grecques manque).

Tome III composé de deux parties, en pagination continue, mais avec deux pages de titre distinctes : Faux titre, titre (Publié par les soins de M. C. d’Ohsson, fils de l’auteur, Firmin-Didot, 1820), table de la première partie (VIII pp.), table de la seconde partie [2] pp., état des planches numérotées de 138 à 233 [3-1] pp., 474-[2 bl.] pp., avec la Table alphabétique de matières du troisième volume, 95 planches gravées numérotées, dont une grande planche dépliante (Exercice du Djirid, 94 x 68).

Condition.

Trois volumes grands in-folio (36,5 x 54,5), 1787-1790-1820, Paris, Imprimerie De Monsieur – Firmin-Didot,
Reliure demi-maroquin à grains longs à coins bordeaux, dos lisses ornés de trois fleurons à petits fers, de filets et de frises dorés, titre et tomaisons dorées,
Gardes blanches, papier vergé non rogné à grandes marges.
par M. de M.** d’Ohsson, chevalier de l’Ordre Royal de Wasa, Secrétaire de S.M. le Roi de Suède, ci-devant interprète, et Chargé d’affaires à la Cour de Constantinople.

L’ouvrage devint rapidement une référence. Il fut traduit en anglais en 1789, en russe en 1795, et partiellement en suédois, en allemand et en polonais. Il fera l’objet d’une seconde édition à Paris en 7 volumes in-8, 1788-1824.

Très beaux et rares volumes complets,
Habiles restaurations à la reliure,
Gravures en très bon état,
Quelques auréoles dans la marge blanche droite des gravures 184-211 du tome III et rousseurs sur les tranches, sans conséquence sur la qualité de l’ensemble.
Rare.

Vendu contact@librairiehistoireetsociete.com

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