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Carnot, Lazare. Mémoire adressé à Sa Majesté Louis XVIII Roi De France (1823), [suivi du] Mémoire adressé Au Roi En Juillet 1814 (1814). Paris: Chez Les Marchands De Nouveautés, 1814. 13 x 20,5.

Un volume in-8, reliure demi-basane prune de l’époque, dos lisse orné de frises et de filets dorés, titre doré, plats marbrés, regroupant deux brochures.

La première datée de 1823, Paris, chez les marchands de nouveautés, intitulée « Mémoire adressé à sa Majesté Louis XVIII, roi de France par M. Carnot, Lieutenant-Général, Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, Membre de la Légion d’honneur, de l’Institut de France, etc.; Seule Édition complète et correcte, contenant toutes les Notes de l’Auteur; celles du Lynx ; les Commentaires qui ont circulé secrètement avec le Manuscrit, et les Pièces justificatives; Suivi du Discours qu’il a prononcé au Tribunat, le 11 floréal an12 ». Septième édition, [2 ff. bl.], faux titre, titre, avis au lecteur, soit VI-7 à 124 p.

La deuxième, datée de 1814, Paris, chez les marchands de nouveautés, intitulée « Mémoire adressé au Roi, par M. Carnot, Lieutenant-général, Chevalier de l’Ordre royal et militaire de Saint-Louis, Membre de la Légion d’Honneur, de l’Institut de France, etc. », citation de deux vers de Racine, Avertissement de l’éditeur, 48 p., 2 ff. bl. non chiffrés.

Deux rares brochures de Lazare Carnot (Nolay, 1753 – Magdeburg, 1823), qui défrayèrent la chronique sous la Restauration et qui connurent de multiples copies, une forte diffusion en 1815 et de nombreuses rééditions.

Carnot avait quitté Anvers début mai 1814, où il avait soutenu, au nom de l’Empire, le siège d’Anvers. Autorisé à rentrer à Paris, mais accueilli froidement par Louis XVIII, malgré la croix de Saint-Louis obtenue sous Louis XVI, il avait cependant estimé que la Charte promulguée le 4 juin allait dans le sens de l’apaisement national. Or en octobre 1814 parut un pamphlet très vif et provocateur contre le roi, qui portait le nom de Carnot. Carnot le désavoua publiquement dans la presse et l’éditeur reconnut l’avoir publié à son insu. La Police, dirigée par Beugnot, avait vu une épreuve de l’ouvrage et Carnot fut soupçonné de duplicité, de déloyauté envers le roi et de jacobinisme, au fur et à mesure que les copies du pamphlet et ses différentes versions se diffusaient. Le scandale était d’autant plus fort que Carnot jouissait de sa réputation « d’organisateur de la victoire » et d’une image d’homme loyal. Chateaubriand mena la charge. Ministre de l’Intérieur lors des Cent-Jours, Carnot dut s’exiler au retour des Bourbons. (Marcel Reinhard, Le grand Carnot, 1952, II, p. 297 et suiv.).

Notre exemplaire a l’avantage de réunir un des premiers tirages du pamphlet de 1814 et une réédition de 1823, développée et augmentée, dont la parution (y compris la reprise du discours de Carnot de l’an 12 sur la motion relative au gouvernement héréditaire…) semble coïncider avec la mort de Carnot, et de permettre d’en constater les variations.

Notons également que l’exemplaire de 1814 porte sur la page de titre l’ex-libris manuscrit du « Colonel Brialmont » [ Lieutenant-Colonel en 1864], le célèbre « Vauban belge » du XIXe siècle (1821-1903), homme du Génie et des fortifications dont on peut se douter qu’il lût Carnot avec intérêt…La résonnance est d’autant plus forte quand on rappelle que c’est à Anvers que Brialmont révolutionna les principes de défense d’une place forte au début des années 1860. Dos de reliure agréable de l’époque, mouillures dans les marges extérieures et rousseurs sans altérer l’intérêt de l’ensemble.

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